Cher Journal. Ça fait un bail qu’on n’a pas partagé ! Il est temps de rattraper ces mois de silence et de lancer un nouveau sujet. Même si l’on est plutôt férus de thématiques légères et décalées, cette fois-ci on va parler de quelque chose de pas drôle du tout. Mais t’inquiètes pas, ça va bien se passer. A mi-chemin entre la réalité et la fiction, l’objectif sera surtout d’aider (sans la moindre prétention) ceux qui n’osent pas parler et ceux qui n’osent pas comprendre ce qu’est un fucking bullshit burn-out.
1. Le constat
« Docteur, ça ne va pas du tout ». Pas de rhume, pas de gastro des familles, pas de demande de certificat médical non plus. Ce coup-ci on se retrouve chez le médecin pour une problématique toute autre. Mais alors pourquoi ? On ne sait pas. Pas – du – tout. On ne mange plus, on a plus envie d’être créatif, on s’éloigne des potes et un beau jour, on ne se lève même plus. Pourquoi ? Parce qu’on n’a plus envie de rien. Juste de disparaître au fond de la couette, de fusionner avec les coussins et de ne plus rien entendre ni voir personne. Une espèce de gueule de bois terrible durant laquelle on remet sa vie en question en se disant qu’on est coincé, que l’on n’a pas fait les bons choix et que maintenant c’est foutu, débordé par tout et n’importe quoi. On est fatigué comme jamais mais on ne ferme pas l’oeil de la nuit. On se sent terriblement seul mais en même temps, on n’appelle personne à l’aide et on va jusqu’à repousser ceux qui s’aperçoivent que quelque chose cloche.
2. L’incompréhension
Alors on est là, au fond du lit, au fond du seau. On regarde le plafond en attendant que quelque chose en tombe. Genre une solution miracle. Le réveil sonne pour la 6e fois, lourd rappel à la réalité et accessoirement au fait que l’on est en retard pour aller bosser. D’ailleurs bosser, pourquoi ? Pour qui ? Pas pour nous en tout cas. On en a gros.
« Meuf, tu fais quoi ? On t’a pas vu au bureau ? Tu sors avec nous vendredi ? ». Impossible d’en parler avec ses proches, impossible d’en parler avec soi-même. C’est une sorte de glaçage de cerveau. Givré, comme un ordinateur qui plante après que trop de programmes aient été ouverts en même temps. Sauf que là, on ne pourra pas « forcer l’arrêt ». On ne se reconnaît plus et on assume pas du tout ce blocage aux yeux des autres. Comme si l’esprit et le corps étaient déconnectés et qu’ils ne pouvaient plus être en harmonie. Façon Vice Versa, cela reviendrait à un maxi bordel où tous les personnages (la colère, la peur, la joie, la tristesse…) courraient dans tous les sens avec les bras qui s’agitent en l’air. Plus personne n’aurait le contrôle.
3. Le déni
Allez, ça va passer c’est juste un coup de mou. On s’en fout. Un ou deux jours de repos et ça ira ! D’ailleurs c’est ce qu’on répond à toutes les personnes qui s’aventurent à demander si l’on va bien. « Oui, oui ça va aller *smiley tête de con* ». Mais NON BORDEL DE MERDE. Une semaine après, on en est toujours au même point. Certes, on fait des nuits de 15h mais on ne sort pas, on n’en parle pas et on ne fait que repousser cet instant fatidique où il faudra retourner au bureau (458 mails nous y attendent d’ailleurs), face aux autres, face au monde. Et là, panique. Putain, on a réussi à se mytho à soi-même. Très très fort. Chapeau. Peut-être qu’on ne va pas très bien finalement et qu’on a de sérieuses choses à remettre à plat.
4. Accepter & surtout repartir de plus belle
Et bah ouais, on a merdé et grave. Pas parce qu’on a fait un burn-out mais parce qu’on n’a pas écouté son corps, qu’on n’a rien fait pour entrevoir ça et que l’on s’est laissé à l’écart des quelques personnes qui auraient pu accélérer le process de guérison. En même temps, c’est pas comme si on était né avec un mode d’emploi. Dans le meilleur des cas, comme c’est arrivé, ça repart. Après quelques jours, voire semaines dans le brouillard, tout s’éclaire : ce que je fais ne me plaît pas / plus. Quelles sont les solutions qui s’offrent à moi pour changer tout ça ? Changer mon quotidien qui est une putain de Routinite Aiguë (lire « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une »). C’est en plantant ce décor-là que, sans même que l’on ait le temps de le réaliser, le changement est déjà enclenché. Bon, il y a encore un paquet de chemin à faire et il s’agira surtout de pousser à fond ce constat pour concevoir un nouveau quotidien. And so what ? Personne ne le fera à notre place.

Le coup de gueule ?
La liste des médicaments prescrits par le médecin au moment du diagnostique. On n’a jamais vu ça. Alors avant de démarrer une cure de « calmants qui font sourire », essayons de commencer par parler… Tout simplement.
Enjoy (Peace peace lové) ❤